Chelidoine

Portrait de mal aimée

Chelidonium majus

— Plante N°3 —

PLANTES MAL-AIMÉES

Par opposition à la bonne herbe, la mauvaise herbe est celle que l’on oublie ou qu’on arrache.

Cette série de portrait de malherbe, adventices, mauvaises herbes,  présente celles qui sont à la base de chaînes trophiques, et qui possèdent chacune des ressources insoupçonnées.

Caractères Biologiques

Genre : Chelidonium

Espèce: majus

Famille : Papaveraceae

• Plante vivace assez élevée (0.50 m – 0.70 m)

• Feuilles profondément découpées, formant des lobes d’un beau vert tendre.

• Fleurs, jaunes, de quatre pétales en forme de croix. Période de floraison de Juin à Oct.

• fruit en capsule allongée de 3 à 5cm, renfermant de minuscules graines noires disposées sur deux rangs

• racines rouges brunâtres, cylindriques, fibreuses et chevelus

• La plante fraîche est irritante et dangereuse.

Chelidoine, Herbe aux verrues, Chélidoine majeure, Grande chélidoine, ...

Grande éclaire, Herbe-aux-verrues, Plante aux verrues, Herbe d'hirondelles, Herbes aux boucs, localement Herbe à la vue, Herbe aux cors, Claretto, felougène, herbe de Saint-Clair, lait de sorcières ou lait de démon, herbe du diable, sologne, félongène, felougne.

Herbe dentaire (en Languedoc), Herbo de Santo Clairo (Marseille), Claréto (Gascogne)

L'histoire du nom de cette plante est assez surprenante… son nom aurait un lien fort avec la vie des hirondelles sur notre territoire. En effet sa floraison coïnciderait avec l’arrivée de ces oiseaux migrateurs, et sa fanaison à leur départ. La légende voudrait que les hirondelles se servent du suc de cette plante pour frotter les yeux de leurs petits, c’est pour cela que son étymologie grecque χελιδόνιον est transcrit en latin chelidonia. Le mot est donc apparenté à χελιδὼν, « hirondelle », χελιδόνιον désigne en grec aussi bien la plante que le petit de l’hirondelle, l’hirondeau.

Cette plante très commune pousse cette plante bioindicatrice pousse en situation ombragé sur le bord des chemins, dans les décombres, le long des murs ou à l’orée des forêts. elle est un indicateur d’azote 

 

Cette plante possède mille histoires autour de ses propriétés.  Elle fut longtemps été associée à la magie.

Dès l’antiquité, elle est utilisée pour entretenir la jeunesse et la vigueur éternelles.

Au moyen âge, les Alchimistes ont vu en elle (son suc) un moyen de les aider dans la quête de la pierre philosophale, afin de transformer les métaux en or. 

Ses feuilles ont inspiré aux sculpteurs romans de superbes motifs.

Les anciens continuèrent longtemps à lui attribuer de multiples vertus comme rendre l’ouïe aux sourds, la vue aux aveugles, et la parole aux muets…
Aussi il fut dit que placer une feuille de chélidoine sur la tête d’un malade le fait chanter s’il doit mourir et verser des larmes s’il doit guérir.

Un autre mythe de cette plante est celui de la légende de Nahash (le serpent condamné à ramper pour avoir séduit Ève). Le serpent dans son dépit fit alors jaillir de son venin, la jusquiame, la datura, et la chélidoine c’est pour cela aussi qu’elle se fait appeler lait de démon ou herbe du diable.

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Atlas colorié des plantes médicinales indigènes

Paul Hariot, 1900.

 

Qui ne s'est taché les doigts en cueillant, au voisinage des habitations, une plante d'un vert pâle au feuillage découpé, aux fleurs d'un jaune brillant? L'Eclaire — c'est d'elle qu’il s'agit — laisse écouler de toutes ses parties un suc jaune caractéristique, qui est amer, acre et caustique.

Une plante aussi remarquable ne pouvait passer inaperçue, et nos pères lui ont attribué des vertus qu'elle possède réellement. Son suc appliqué sur les verrues les fait disparaître.

Contre les éruptions, d'herpès, contre les ulcères de mauvaise nature, il agit en qualité de caustique léger et de détersif.

Il n'est pas jusqu'au traitement des maladies des yeux où l'on n'ait cherché à l'employer, d'où son nom d'Eclaire.,Mais, en raison même de ses propriétés caustiques, on fera bien de s'en abstenir.

A l'intérieur, on l'a préconisée comme purgatif drastique, à la dose de 50 centigrammes à 8 grammes de suc frais, dans une potion mucilagineuse ou dans du lait; Mais, là encore, il

faut se défier, car l’Eclaire détermine une Irritation violente sur l'estomac et sur les intestins. Trente grammes de racines macérées dans 500 grammes de vin blanc agissent, paraît-il,

dans les fièvres intermittentes

Jadis, c'était un remède dans les fièvrres malignes et pestilentielles. Une poignée de racine bouillie avec une chopine de vinnaigre rosat et un peu de Thériaque — toujours la Thériaque — guérissait de la peste. « Le suc de la racine de grande Chélidoine exprimé et mêlé avec un peu de vin blanc et de vinaigre rosat, a été d'un puissant secours pour quelques-uns et a chassé le poison par les sueurs. » Nous pouvons attendre avec confiance la peste de Bombay.

L'Eclaire croît partout en France.

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